Préparons-nous à « l’Année de la foi »

Chronique @ - Février 2012

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Préparons-nous à « l’Année de la foi »

La chronique @ de janvier abordait le thème de la joie, un des fruits de l’Esprit Saint, si souvent évoquée dans l’Écriture sainte et expression d’une foi vive en Dieu parce que l’on se sait aimé de lui: « Ton amour me fait danser de joie » (Psaume 30, 8). Il paraissait capital de rappeler l’importance de ce don de l’Esprit pour nous aider à bien vivre cette année 2012. Dans une sorte de continuité il me paraît important que la chronique @ de février porte à votre connaissance la récente décision du Saint-Père de lancer « l’Année de la foi ». Il s’agit pour les chrétiens de raviver leur foi en Dieu et de la présenter à leurs contemporains. Elle débutera le 11 octobre 2012, pour le 50e anniversaire de l’ouverture du Concile œcuménique Vatican II, et s’achèvera le 24 novembre 2013, Solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ, Roi de l’univers. Notre mouvement est heureux de relayer cette initiative et vous invite à vous préparer dans la joie à cette « Année de la foi » renouvelée dans le Christ car la foi et la joie vont inévitablement de concert.

C’est dans la lettre apostolique de Benoît XVI du 11 octobre 2011, Porte Fidei (La porte de la découvrir foi) qu’on peut découvrir tout le sens de cette démarche missionnaire de l’Église. www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/motu_proprio/documents/hf_ben-xvi_motu-proprio_20111011_porta-fidei_fr.html Je vous propose quelques longs passages qui rappellent combien chacun d’entre nous, en raison de son baptême, a le devoir de s’impliquer dans l’annonce de l’Évangile envers ses contemporains. Certes, à chacun de trouver la manière qui lui convient le mieux, mais nous ne pouvons pas nous taire tant par nos paroles que par notre façon d’être. Vivre de la foi dans le but de sauver uniquement son âme serait une grave erreur et une profonde méprise sur la nature missionnaire de l’Église et des baptisés. Cela équivaudrait tout simplement à vivre un individualisme religieux aux conséquences identiques à celle de l’individualisme matérialiste qui imprègne fortement nos sociétés industrialisées : cultiver et satisfaire un égoïsme qui renferme sur soi en éteignant la loi de charité, celle de l’Évangile du Christ. Tout cela finit par engendrer des désordres dans la société. Or le rôle de l’Église est de sauver tout l’homme en l’agrégeant à Dieu, c’est-à-dire en irradiant la société jour après jour de cette charité véritable qui transforme les mentalités, permet de promouvoir des lois objectivement bonnes pour l’humanité et favorise l’éclosion d’institutions au service des valeurs évangéliques, sources de justice et de paix. D’où le sens de la fête du Christ Roi de l’univers qui clôturera « l’Année de la foi ». Des textes fondamentaux comme le Concile Vatican II et le Catéchisme de l’Eglise catholique sont proposés à notre (re)lecture afin de nous aider à raviver la flamme de la foi en Dieu qui nous habite.

Vincent Terrenoir

EXTRAITS DE LA LETTRE APOSTOLIQUE PORTE FIDEI (La porte de la foi)

« Depuis le commencement de mon ministère comme Successeur de Pierre, j’ai rappelé l’exigence de redécouvrir le chemin de la foi pour mettre en lumière de façon toujours plus évidente la joie et l’enthousiasme renouvelé de la rencontre avec le Christ. Dans l’homélie de la messe pour l’inauguration de mon pontificat je disais : “L’Église dans son ensemble, et les pasteurs en son sein, doivent, comme le Christ, se mettre en route, pour conduire les hommes hors du désert, vers le lieu de la vie, vers l’amitié avec le Fils de Dieu, vers celui qui nous donne la vie, la vie en plénitude”. Il arrive désormais fréquemment que les chrétiens s’intéressent surtout aux conséquences sociales, culturelles et politiques de leur engagement, continuant à penser la foi comme un présupposé évident du vivre en commun. En effet, ce présupposé non seulement n’est plus tel mais souvent il est même nié. Alors que dans le passé il était possible de reconnaître un tissu culturel unitaire, largement admis dans son renvoi aux contenus de la foi et aux valeurs inspirées par elle, aujourd’hui il ne semble plus en être ainsi dans de grands secteurs de la société, en raison d’une profonde crise de la foi qui a touché de nombreuses personnes.

Nous ne pouvons accepter que le sel devienne insipide et que la lumière soit tenue cachée (cf. Mt 5, 13-16). Comme la samaritaine, l’homme d’aujourd’hui peut aussi sentir de nouveau le besoin de se rendre au puits pour écouter Jésus qui invite à croire en lui et à puiser à sa source, jaillissante d’eau vive (cf. Jn 4, 14). Nous devons retrouver le goût de nous nourrir de la Parole de Dieu, transmise par l’Église de façon fidèle, et du Pain de la vie, offerts en soutien de tous ceux qui sont ses disciples (cf. Jn 6, 51). L’enseignement de Jésus, en effet, résonne encore de nos jours avec la même force : “Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle” (Jn 6, 27). L’interrogation posée par tous ceux qui l’écoutaient est la même aussi pour nous aujourd’hui : “Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ?” (Jn 6, 28). Nous connaissons la réponse de Jésus : “L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé” (Jn 6, 29). Croire en Jésus Christ est donc le chemin pour pouvoir atteindre de façon définitive le salut.

[…] Le renouveau de l’Église passe aussi à travers le témoignage offert par la vie des croyants : par leur existence elle-même dans le monde les chrétiens sont en effet appelés à faire resplendir la Parole de vérité que le Seigneur Jésus nous a laissée. […]

[…] Grâce à la foi, cette vie nouvelle modèle toute l’existence humaine sur la nouveauté radicale de la résurrection. Dans la mesure de sa libre disponibilité, les pensées et les sentiments, la mentalité et le comportement de l’homme sont lentement purifiés et transformés, sur un chemin jamais complètement terminé en cette vie. La “foi opérant par la charité” (Ga 5, 6) devient un nouveau critère d’intelligence et d’action qui change toute la vie de l’homme. […]

[…] C’est l’amour du Christ qui remplit nos cœurs et nous pousse à évangéliser. Aujourd’hui comme alors, il nous envoie par les routes du monde pour proclamer son Évangile à tous les peuples de la terre (cf. Mt 28, 19). Par son amour, Jésus-Christ attire à lui les hommes de toutes générations : en tout temps il convoque l’Église lui confiant l’annonce de l’Évangile, avec un mandat qui est toujours nouveau. C’est pourquoi aujourd’hui aussi un engagement ecclésial plus convaincu en faveur d’une nouvelle évangélisation pour redécouvrir la joie de croire et retrouver l’enthousiasme de communiquer la foi est nécessaire. L’engagement missionnaire des croyants, qui ne peut jamais manquer, puise force et vigueur dans la redécouverte quotidienne de son amour. En effet, la foi grandit quand elle est vécue comme expérience d’un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie. Elle rend fécond, parce qu’elle élargit le cœur dans l’espérance et permet d’offrir un témoignage capable d’engendrer : en effet elle ouvre le cœur et l’esprit de tous ceux qui écoutent à accueillir l’invitation du Seigneur à adhérer à sa Parole pour devenir ses disciples. Les croyants, atteste saint Augustin, “se fortifient en croyant ”. […]

[…] Nous désirons que cette Année suscite en chaque croyant l’aspiration à confesser la foi en plénitude et avec une conviction renouvelée, avec confiance et espérance. Ce sera aussi une occasion propice pour intensifier la célébration de la foi dans la liturgie, et en particulier dans l’Eucharistie, qui est “le sommet auquel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa force”. En même temps, nous souhaitons que le témoignage de vie des croyants grandisse en crédibilité. Redécouvrir les contenus de la foi professée, célébrée, vécue et priée, et réfléchir sur l’acte lui-même par lequel on croit, est un engagement que chaque croyant doit faire sien, surtout en cette Année. […]

[…] Professer par la bouche, à son tour, indique que la foi implique un témoignage et un engagement publics. Le chrétien ne peut jamais penser que croire est un fait privé. La foi, c’est décider d’être avec le Seigneur pour vivre avec lui. Et ce “être avec lui” introduit à la compréhension des raisons pour lesquelles on croit. La foi, parce qu’elle est vraiment un acte de la liberté, exige aussi la responsabilité sociale de ce qui est cru. L’Église au jour de la Pentecôte montre avec toute évidence cette dimension publique du croire et du fait d’annoncer sans crainte sa propre foi à toute personne. C’est le don de l’Esprit Saint qui habilite à la mission et fortifie notre témoignage, le rendant franc et courageux. […]

[…] En effet, la foi, se trouve être soumise plus que dans le passé à une série d’interrogations qui proviennent d’une mentalité changée qui, particulièrement aujourd’hui, réduit le domaine des certitudes rationnelles à celui des conquêtes scientifiques et technologiques. Toutefois, l’Église n’a jamais eu peur de montrer comment entre foi et science authentique il ne peut y avoir aucun conflit parce que les deux, même si c’est par des chemins différents, tendent à la vérité. […]

[…] Il sera décisif au cours de cette Année de parcourir de nouveau l’histoire de notre foi, laquelle voit le mystère insondable de l’entrelacement entre sainteté et péché. Alors que la première met en évidence le grand apport que les hommes et les femmes ont offert à la croissance et au développement de la communauté par le témoignage de leur vie, le second doit provoquer en chacun une sincère et permanente œuvre de conversion pour faire l’expérience de la miséricorde du Père qui va à la rencontre de tous. […]

En ce temps, nous tiendrons le regard fixé sur Jésus Christ “à l’origine et au terme de la foi” (He12, 2) : en lui trouve son achèvement tout tourment et toute aspiration du cœur humain. La joie de l’amour, la réponse au drame de la souffrance et de la douleur, la force du pardon devant l’offense reçue et la victoire de la vie face au vide de la mort, tout trouve son achèvement dans le mystère de son Incarnation, du fait qu’il s’est fait homme, qu’il a partagé avec nous la faiblesse humaine pour la transformer par la puissance de sa résurrection. En lui, mort et ressuscité pour notre salut, trouvent pleine lumière les exemples de foi qui ont marqué ces deux mille ans de notre histoire de salut. »

Benoît XVI

Billet spirituel

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L’admiration

Souvent on me demande ce qu’il faut faire pour rester le plus longtemps possible en présence de Dieu tout au long de la journée. Bien évidemment il est impossible de répondre en quelques phrases. Néanmoins, il y a un petit moyen tout simple à mettre en œuvre pour nous aider à rester en présence de Dieu. Il s’agit de l’admiration.

Saint Thomas d’Aquin expliquait que l’admiration est une sorte de crainte qui jaillit en nous lorsque nous voyons ou lorsque nous considérons quelque chose qui dépasse notre capacité humaine.

Aujourd’hui nous sommes un peu blasés de tout et nous considérons ce qui nous entoure comme étant ordinaire. C’est malheureusement une des conséquences du consumérisme. Prenons un petit exemple?: lorsque nous regardons notre montre plusieurs fois par jour pour connaître l’heure exacte, nous n’avons pas à l’esprit que ce petit objet, devenu quasi insignifiant, a une très longue histoire. Elle est le fruit de l’intelligence humaine et elle est avant tout le fruit du don de la Création. En effet, il a d’abord fallu que la matière soit créée par Dieu puis que les hommes la maîtrisent et la transforment pour devenir une montre. Enfin, nous pouvons réfléchir sur la finalité de cet objet. Si Dieu permet que l’Homme puisse transformer la matière en montre, c’est forcément qu’il y a une finalité d’ordre spirituelle. Mais laquelle? Peut être que par la ponctualité nos journées sont mieux organisées et que les relations avec notre prochain n’en sont que meilleures? De telles considérations ne peuvent que nous remplir d’admiration. Ce petit objet est avant tout un don de Dieu qui a créé la matière et a permis à l’intelligence humaine de la transformer en montre?!

Comprenons qu’il nous faut retrouver impérativement l’esprit d’un enfant qui découvre à chaque fois une nouvelle chose et qui est admiratif. Rien n’est un dû, mais tout est grâce?! Tout ce qui nous entoure est don de Dieu, mais le voyons-nous? Il faut donc chercher à voir tout ce qui nous entoure, non pas de façon humaine, mais selon les desseins de la divine Providence. Et pour cela, il faut réapprendre à être admiratif devant les réalités naturelles et surnaturelles.

L’admiration est cet état d’esprit qui nous permet de voir Dieu agir dans toutes ses œuvres par pure miséricorde. L’admiration est le tremplin de l’adoration. Sans elle, la prière se trouve dissociée de la vie spirituelle. Le rationalisme moderne stérilise l’âme en l’empêchant d’admirer dans la création l’œuvre de Dieu. Il faut à tout prix éviter ce danger sous peine de refroidir notre amour pour Dieu et de ne pas vivre nos journées en sa présence.

Père Marc-Antoine Fontelle, Aumônier

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