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La P’tite revue n° 33 (janvier 2024)

Article publié le 27 janvier 2024 par Pour l'Unité dans P'tite revue
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Le mot du président

Jésus-Christ n’est ni un utopiste ni un rêveur.
L’unité de la foi au sein de l’Église catholique.

Chers amis,

1re réflexion : Jésus-Christ n’est ni un utopiste ni un rêveur en ce qui concerne la condition humaine. Nous ne devons pas l’être non plus. En effet comme nous l’enseigne l’Évangile : « Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme. » (Jn 2, 23-25). Jésus étant Dieu, « il sait de quoi nous sommes pétris » (Ps 102, 14).

De fait, Jésus ne dit pas qu’il rêve d’un monde meilleur sans guerre et sans pauvreté car il sait que tout cela n’est qu’utopie et bons sentiments. Au contraire il prédit même que jusqu’à la fin des temps l’homme sera en butte à toutes sortes de problèmes — qu’il générera lui-même — et de fléaux : « Vous allez entendre parler de guerres et de rumeurs de guerre. Faites attention ! ne vous laissez pas effrayer, car il faut que cela arrive, mais ce n’est pas encore la fin. On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume ; il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. » (Mt 24, 6-7). Il dit aussi : « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et, quand vous le voulez, vous pouvez leur faire du bien. » (Mc 14, 7).                                                      

Mais Jésus compte sur tout homme de bonne volonté, et bien évidemment en premier les chrétiens, pour agir dans le monde, chacun à sa place et selon ses talents. Notre mission est d’élever les hommes vers Dieu et d’imprégner progressivement la société des valeurs évangéliques (cf. Mt 13, 33) avec réalisme, intelligence, patience, douceur et force : « Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes » (Mt 10, 16). Il nous donne son Esprit et les sacrements pour nous aider en ce sens.

Ceci étant, nous savons que le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde (cf. Jn 6, 15 et 18, 36). L’Église, corps mystique du Christ, qui en est la Tête, nous le rappelle avec force : « L’Église qui, en raison de sa charge et de sa compétence, ne se confond d’aucune manière avec la communauté politique et n’est liée à aucun système politique, est à la fois le signe et la sauvegarde du caractère transcendant de la personne humaine » (Constitution pastorale Gaudium et Spes n. 76. 2). Le risque de ces utopies et rêveries sur l’homme est de faire de l’Église un relais de systèmes politiques (théologie de la libération, marxisme, mondialisme, etc.), réduisant le Royaume de Dieu à un messianisme politique terrestre. Elle y perdrait alors toute sa saveur et n’illuminerait plus le monde (cf. Mt 5, 13-14). Elle perdrait également toute crédibilité et renierait sa mission divine.

2de réflexion : Le Christ a dit : « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas » (Mt 24, 35). La Parole de Dieu est immuable pour toutes les époques et en tout pays car elle émane de Celui qui a révélé à Moïse : « Je-Suis » (Ex, 3, 14). Donc point d’évolution en Dieu car il est parfait. Ce qu’il commande est forcément juste et bon. Dieu est Amour et l’amour vient de Dieu (cf. 1 Jn 4, 7). C’est l’homme qui doit se déterminer par rapport à Dieu, son Seigneur et Maître, et non l’inverse !

Alors, à la suite de la publication par le Dicastère pour la Doctrine de la foi de Fiducia supplicans concernant les bénédictions de « couples » en situation irrégulière, nous avons cette légitime interrogation : l’Église ne risque-t-elle pas de devenir un supermarché où chacun peut se servir à sa guise en fonction de sa propre morale ? car le Vatican permet une application différenciée de ce document.

En effet, l’Église en Afrique n’en appliquera qu’une partie après la forte opposition des conférences épiscopales. En revanche, l’Église en Europe, en fonction des conférences, l’appliquera soit in extenso ou procédera à quelques ajustements. Il ne nous semble pas avoir déjà vu l’Église proposer à la carte l’application de sa doctrine en matière de foi et de mœurs. Les auteurs de ce document disent être soucieux de l’aspect pastoral. Certes, mais que signifie alors cette Parole de Dieu : « Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais. » (Mt 5, 34) ? Car à l’amour il est impossible de ne pas allier la vérité : « Amour et vérité se rencontrent » (Ps 84, 11).

Cette déclaration fait courir un grave risque de division au sein de l’Église catholique, comme elle a pu en connaître dans les premiers siècles. C’est une blessure infligée au Corps mystique du Christ. Il convient de prier avec ardeur pour l’unité de la foi au sein de notre Église.

Vincent Terrenoir