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Méditation sur la mort

Article publié le 24 novembre 2015 par Vincent TERRENOIR dans Billet spirituel

Puisque nous sommes au mois de novembre, je désirerais méditer avec vous sur la mort comme moyen de bien accomplir l’action présente. Cette méditation sur la mort est indispensable pour notre progrès spirituel car il s’agit de nous poser cette question : Si l’action que je suis en train d’accomplir était la dernière de ma vie sur laquelle je dois être jugé, est-ce que j’agirai de la même façon ?

 

Pour nous aider à répondre à cette question, il faut en premier lieu considérer que notre degré de gloire et de bonheur au ciel dépendra de notre degré de charité, c’est-à-dire de notre degré d’amour de Dieu et du prochain. Normalement, notre amour pour Dieu et notre prochain devrait augmenter au fil des années et ainsi dilater notre âme et la conduire vers les sommets de la vertu théologale de charité. De fait, si je mets tout mon amour pour Dieu et le prochain dans l’action présente, alors je suis prêt à rendre ma vie. En revanche, si je n’y mets pas tout mon cœur, alors que va-t-il se passer ? Il n’y a rien de plus certain dans notre vie, depuis que nous sommes nés, que la mort, mais nous ne savons ni le temps, ni le lieu, ni les circonstances. En conséquence nous devons être toujours prêts et vigilants, c’est-à-dire avoir notre âme propre de la souillure du péché, d’où l’importance également de la confession fréquente.

 

Il importe aussi de considérer que la mort va entraîner un détachement complet de notre âme avec notre corps et avec tous les biens créés. Sommes-nous prêts à cela ? Préférons-nous Dieu plus que tout ou pas ? Si nous remarquons que nous ne sommes pas prêts à tout abandonner, cela signifie que nous avons encore des affections déréglées et que Dieu n’occupe pas tout notre cœur. Autrement dit, nous ne sommes pas prêts à tout quitter pour le voir et l’aimer. De ce fait, il faut travailler avec encore plus d’ardeur à la réforme de notre âme et à l’acquisition ce que saint Ignace de Loyola appelle la « sainte indifférente » : ne rien préférer, ni la vie ni la mort, ni la santé ni la maladie, ni la pauvreté ni la richesse, … mais au contraire pratiquer cet axiome de la vie spirituelle : « ne rien demander, ne rien refuser mais tout accepter par amour pour Dieu ».

 

Pour nous aider à opérer le détachement de nos affections humaines qui ne sont pas tournées vers Dieu, il est bon et salutaire de lire souvent le livre de L’Ecclésiaste ou Quoélet : « Vanité des vanités tout est vanité », sauf une chose que l’Ecclésiaste ne pouvait pas comprendre avant la venue du Christ. Et cette chose, c’est la recherche de l’intimité avec la très Sainte Trinité au plus profond de notre âme. C’est le mystère de la grâce sanctifiante et de « l’eau de vie » dont parle Jésus en s’entretenant avec la Samaritaine sur le bord du puits de Jacob. Cette indifférence ne peut s’acquérir que par la pratique des trois vertus théologales et plus pratiquement par l’abandon de soi à Dieu par des actes explicite de renoncement à notre volonté propre pour ne faire que celle de Dieu. La méditation sur la mort doit donc nous aider à nous détacher de toutes les affections terrestres et y compris envers nous mêmes, afin de rechercher cette intimité dès maintenant et alors nous serons prêts à rendre notre vie à chaque instant, puisque plus rien ne compte à nos yeux excepté cette union sachant que le temps sur cette terre nous est donné uniquement pour augmenter cette union à Dieu et la faire connaître aux autres.

 

Il est assez frappant de voir que pour fuir le péché et bien résister aux tentations, tous les Pères de l’Église ont recommandé la méditation sur la mort. Combien de tentations seraient repoussées et non consenties si nous avions de telles considérations à l’esprit au moment où arrivent les tentations ? Et combien nous serions poussés à la pratique des vertus par amour pour Dieu si nous nourrissions notre âme tous les jours de ces considérations ? Et si ce que je suis en train de faire était la dernière chose de ma vie ?

 

• Père Marc-Antoine Fontelle

Novembre 2015