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Notre-Dame en feu : un symbole en cette Semaine Sainte ?

Article publié le 17 avril 2019 par Pour l'Unité dans Chronique @

Renaître de ses cendres et mettre le feu dans le cœur des hommes.

 

« Émotion considérable, profonde tristesse, sidération, incompréhension, horreur, incrédulité, terrible drame, infini chagrin, la France touchée dans sa chair, tremblement intérieur, désolation, haut lieu de la foi catholique en train de brûler, toute une part de notre histoire, de nous-mêmes qui brûle ce soir, symbole de la France et de notre culture européenne, choqué, sentiment d’impuissance ». Les mots et expressions ne manquent pas pour exprimer ce que ressentent les Français, les grands de ce monde et le monde entier concernant l’incendie de Notre-Dame (la cathédrale de Paris), monument le plus visité d’Europe. Le président de la République annonce même en direct que la cathédrale sera rebâtie.

Mais dépassons cette tristesse bien naturelle et élevons notre esprit et notre intelligence un peu au-delà. Nous sommes entrés dans la Semaine Sainte, événement crucial du monde dont si peu de médias parlent ! La Passion, la Mort et la Résurrection du Christ sont autrement plus importantes que ces pierres. Certes, la beauté même de Notre-Dame portait à la prière et élevait l’âme. Elle forçait l’admiration des visiteurs incroyants ou croyants en un autre Dieu que le nôtre, mais il nous paraît important de remettre les événements à leur juste place.

On peut légitimement considérer cet incendie comme un signe pour nous inviter à revenir à l’essentiel de notre vie chrétienne et de notre foi. Comment ne pas penser à la phrase de Jésus qui annonçait peu de jours avant sa Passion à ses Apôtres, à propos du Temple de Jérusalem, fierté du peuple Juif : « Vous voyez tout cela, n’est-ce pas ? Amen, je vous le dis : il ne restera pas ici pierre sur pierre ; tout sera détruit. » (Matthieu 24, 2).

En effet, cet incendie est le symbole de toutes nos vanités humaines, de nos déviations spirituelles, de nos comportements ou encore de nos actes de foi qui ne sont pas conformes à l’amour de Dieu. Tout cela finit un jour par s’effondrer, en un instant, et au moment où l’on s’y attend le moins. Nous pensions humainement que tout ce que nous faisions était grand, beau et fort. Nous étions très fiers de nous. Mais spirituellement, que valent tous ces actes que nous posons ? Portent-ils des fruits d’éternité ? La foi n’est pas de la superstition ou de la magie. Les incantations n’ont jamais rien empêché. Et Dieu finit par se lasser. Il laisse aller naturellement les mauvaises choses jusqu’au bout de leurs conséquences quand la mesure est pleine, c’est-à-dire non conforme à ses Commandements, sa Loi d’Amour, et tandis que chacun ne s’engage pas avec une volonté ferme dans le redressement de sa vie. Ce n’est le plus souvent que dans le malheur, mis face à la réalité et à sa faiblesse, que l’homme prend alors conscience de sa petitesse et de ce maudit orgueil qui l’a fait dévier de la Route : Jésus-Christ, le Chemin, la Vérité et la Vie. Le réveil et la prise de conscience sont alors douloureux mais ô combien salutaires. Dieu veut que nous soyons sauvés et utilise à cette fin des moyens qui sont parfois humainement déconcertants.

On peut penser aussi que l’incendie de Notre-Dame est un symbole plus particulièrement pour tous les membres de l’Église en France, donc vous et moi compris, qui ont des comportements non conformes à l’amour de Dieu, et qui surtout, ne vivent pas la foi en Dieu dans l’humilité, en esprit et en vérité. Il ne faudrait pas que notre âme s’écroule en flammes comme la cathédrale.

Alors, en cette Semaine Sainte, puisse cet incendie nous faire sortir de notre torpeur spirituelle. Essayons de ne pas faire comme les apôtres, qui n’ont pas été capables de veiller une heure avec le Christ au Jardin des Oliviers pour le soutenir dans sa mission de Rédempteur du monde et qui, à part saint Jean, ont lâchement fui devant la cohorte de ces hommes venus le capturer (comprendre les hommes d’aujourd’hui avec l’esprit du monde, qui combattent la foi chrétienne). Car c’est bien cela que Dieu attend nous : contribuer en tant que baptisé et à notre pleine mesure, à allumer le feu de son amour dans le cœur de tous les hommes afin qu’ils renaissent de leurs cendres et découvrent cette joie en plénitude et ce bonheur de croire en Dieu. C’est cela l’Église, le Peuple de Dieu, faite de pierres indestructibles.

Sainte Semaine Sainte à tous.

Mahrien