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La P’tite revue n°26 (octobre 2021)

Article publié le 1 octobre 2021 par Pour l'Unité dans P'tite revue

Le mot du président

L’importance des « nations » dans l’histoire du Salut

  Chers amis,

  Savez-vous que le mot « nations » est utilisé 571 fois dans la Bible :  467 fois dans l’Ancien Testament dont 39 fois dans les Psaumes, et 104 fois dans le Nouveau Testament ? (Version AELF : « nations »

  De fait, le Catéchisme de l’Église catholique souligne avec force l’importance des nations. Elles ont toute leur place dans la Révélation et le Salut du genre humain : « Une fois l’unité du genre humain morcelée par le péché, Dieu cherche tout d’abord à sauver l’humanité en passant par chacune de ses parties. L’alliance avec Noé d’après le déluge (cf. Gn 9, 9) exprime le principe de l’Économie divine envers les « nations », c’est-à-dire envers les hommes regroupés « d’après leurs pays, chacun selon sa langue, et selon leurs clans » (Gn 10, 5 ; cf. 10, 20-31).

  Cet ordre à la fois cosmique, social et religieux de la pluralité des nations (cf. Ac, 17, 26-27) est destiné à limiter l’orgueil d’une humanité déchue qui, unanime dans sa perversité (cf. Sg 10, 5), voudrait faire par elle-même son unité à la manière de Babel (cf. Gn 11, 4-6). Mais à cause du péché, (cf. Rm 1, 18-25) le polythéisme ainsi que l’idolâtrie de la nation et de son chef menacent sans cesse d’une perversion païenne cette économie provisoire. » (CEC nos 56-57) Et le Catéchisme de poursuivre que « L’alliance avec Noé est en vigueur tant que dure le temps des nations (cf. Lc 21-24), jusqu’à la proclamation universelle de l’Évangile. » (CEC no 58)

  Permettez cette digression : le 4 octobre 1965, pour la première fois dans l’Histoire, un pape, saint Paul VI, a fait effectivement cette proclamation universelle (et en français…) de l’Évangile du Royaume devant toutes les nations (cf. Mt 24, 14) réunies à New-York, au sein de l’Organisation des Nations Unies, « auditoire unique au monde » selon les propres mots du Saint-Père (Discours de st Paul VI à l’ONU) – (Vidéo de son discours à l’ONU). Quant à considérer que cet événement marquerait la fin du temps des nations et que nous serions entrés au cœur de cette période, puisque le Christ a dit : « Alors viendra la fin », chacun est évidemment libre de le penser ou non…

  Parmi les 571 évocations du mot « nations », trois retiendront particulièrement notre attention :

  • « Toutes les nations seront rassemblées devant lui [le Christ, lors du Jugement final] » (Mt 25, 32),
  • « Les nations marcheront à sa lumière [celle de l’Agneau], […] On apportera dans la ville la gloire et le faste des nations. » (Ap 21, 24),
  • « Au milieu de la place de la ville, […] il y a un arbre de vie […] : chaque mois il produit son fruit ; et les feuilles de cet arbre sont un remède pour les nations. » (Ap 22, 4).

  Ces trois passages montrent à la fois que les nations existeront bien jusqu’à la fin des temps, au Jugement final, et que tout ce que nous avons vécu – tant à un niveau personnel qu’au sein de nos communautés nationales – nous le retrouverons plus tard d’une façon que nous ne connaissons pas, mais purifié de toute souillure, illuminé et transfiguré par le Christ (cf. CEC nos 1048-1050).

  Alors comment considérer cette idée politique qui promeut un nouvel ordre mondial en vue de supplanter les nations et leur légitime volonté à décider de leur destin ? Si un certain arbitrage à un échelon international a pour but d’inciter les nations à faire preuve entre elles de plus de respect (justice, paix et collaborations multiples) en se fondant, comme disait Paul VI à l’ONU, « […] sur des principes spirituels, [qui] ne peuvent reposer – c’est Notre conviction, vous le savez – que sur la foi en Dieu. […] Pour nous, en tout cas, et pour tous ceux qui accueillent l’ineffable révélation que le Christ nous a faite de lui, c’est le Dieu vivant, le Père de tous les hommes. », cela est bénéfique.

  En revanche, si cela doit aboutir à une sorte de « fusion-acquisition » au profit d’un organisme mondial réduisant à outrance la liberté des nations et de leurs habitants, avec tout ce qui fait la richesse de leurs différences – qui plus est dans un syncrétisme philosophico-religieux -, alors il y a fort à parier que l’Ennemi du genre humain nous trompe encore une fois par l’utopie d’une nouvelle « Babel » avec ses fables et ses terribles dérives (cf. st Paul 2 Tm 4, 3-4) : l’unité d’un monde sans Dieu par la promesse d’une paix et d’un bonheur éternels – et, qui plus est, terrestres ! Cela s’apparenterait à une nouvelle forme de « perversion païenne » et totalitaire mais plus bien plus subtile et insidieuse que celle des messianismes sanguinaires du 20e siècle (marxisme et nazisme) car elle ne prétend surtout pas s’imposer par la guerre mais par la séduction…

  Tout ceci s’écroulera car « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain » (Ps 126, 1) et risque de se faire dans la douleur. Gardons l’espérance et la confiance, et prions Dieu car rien ne lui est impossible !

Vincent Terrenoir